Le papillomavirus humain (HPV) est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente au monde. Le plus souvent bénigne et transitoire, elle peut, dans certains cas, être à l’origine de lésions précancéreuses et de cancers, notamment du col de l’utérus. Vaccination et dépistage constituent aujourd’hui les deux piliers de la prévention.
À retenir
- Le HPV regroupe plus de 200 types de virus, dont une douzaine sont dits « à haut risque » car associés au développement de cancers.
- L’infection est très fréquente : la majorité des personnes sexuellement actives rencontrent le virus au moins une fois dans leur vie, le plus souvent sans le savoir.
- Dans la grande majorité des cas, le système immunitaire élimine seul le virus en 1 à 2 ans, sans aucune conséquence.
- La vaccination, recommandée dès 11 ans pour les filles et les garçons, associée au dépistage régulier du cancer du col de l’utérus, permet de réduire fortement le risque de cancer.
- Un frottis ou un test HPV anormal n’est pas un diagnostic de cancer : il signale la nécessité d’une surveillance ou d’examens complémentaires.
Qu’est-ce que le papillomavirus humain ?
Le papillomavirus humain (Human Papillomavirus, HPV) est une famille de virus qui infecte la peau et les muqueuses. On distingue schématiquement deux grands groupes :
- les HPV à bas risque, responsables notamment des verrues cutanées et des condylomes génitaux (« crêtes de coq »), sans potentiel cancérigène ;
- les HPV à haut risque oncogène (les types 16 et 18 étant les plus fréquemment impliqués), qui peuvent, en cas d’infection persistante, favoriser l’apparition de lésions précancéreuses puis de cancers.
Ces virus touchent principalement les muqueuses génitales, anales, buccales et pharyngées.
Comment se transmet le HPV ?
La transmission se fait essentiellement par contact cutané ou muqueux lors de rapports sexuels (avec ou sans pénétration), ce qui explique la très forte prévalence de l’infection dans la population sexuellement active. Le préservatif réduit le risque de transmission sans l’éliminer totalement, le virus pouvant être présent sur des zones non couvertes.
Une transmission mère-enfant lors de l’accouchement est possible mais rare.
Quels sont les symptômes ?
Dans l’immense majorité des cas, l’infection à HPV est totalement silencieuse : aucun symptôme n’apparaît, et le virus est éliminé spontanément par le système immunitaire en quelques mois à deux ans.
Lorsque des manifestations surviennent, elles peuvent prendre différentes formes :
| Manifestation | Type de HPV en cause | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Condylomes (verrues génitales) | Bas risque (types 6, 11 le plus souvent) | Petites excroissances indolores sur les organes génitaux ou l’anus |
| Verrues cutanées, plantaires | Bas risque | Peau des mains, pieds |
| Lésions précancéreuses du col de l’utérus | Haut risque (types 16, 18 notamment) | Asymptomatiques, détectées par dépistage |
| Cancers (col, anus, vulve, vagin, pénis, oropharynx) | Haut risque | Se développent sur plusieurs années en l’absence de dépistage ou de traitement des lésions |
Un risque qui dépasse le seul cancer du col de l’utérus
Le HPV est surtout connu pour son rôle dans le cancer du col de l’utérus, dont il est la cause dans la quasi-totalité des cas. Mais l’infection persistante à HPV à haut risque est également associée à d’autres cancers, chez la femme comme chez l’homme : cancers de l’anus, de la vulve, du vagin, du pénis, et une proportion croissante de cancers de l’oropharynx (gorge, amygdales, base de la langue).
La vaccination contre le HPV
Pour qui, et quand ?
La vaccination est recommandée en France pour toutes les filles et tous les garçons âgés de 11 à 14 ans révolus, avant le début de la vie sexuelle, période où l’efficacité vaccinale est maximale. Elle peut être proposée en rattrapage jusqu’à 19 ans révolus, et le calendrier vaccinal 2026 a étendu ce rattrapage jusqu’à l’âge de 26 ans révolus pour les jeunes femmes et les jeunes hommes non vaccinés à l’adolescence.
Schéma vaccinal
| Âge à la première injection | Nombre de doses | Intervalle |
|---|---|---|
| 11 à 14 ans révolus | 2 doses | 6 à 13 mois |
| 15 à 26 ans révolus | 3 doses | Schéma étalé sur 6 mois |
Le vaccin utilisé en France (Gardasil 9) protège contre neuf types de HPV, dont les principaux types à haut risque oncogène.
Où se faire vacciner ?
Depuis 2023, la vaccination est proposée gratuitement en milieu scolaire aux élèves de 5ème, avec le consentement des parents. Elle reste également accessible auprès du médecin traitant, d’une sage-femme, d’un centre de vaccination ou, depuis l’extension des compétences vaccinales, en pharmacie.
Vacciner les garçons, pourquoi ?
Recommandée depuis 2021, la vaccination des garçons protège directement contre les cancers liés au HPV (anus, oropharynx, pénis) et contribue indirectement à réduire la circulation du virus, protégeant ainsi l’ensemble de la population, y compris les personnes non vaccinées.
Le dépistage du cancer du col de l’utérus
La vaccination ne dispense pas du dépistage, qui reste indispensable même chez les personnes vaccinées, le vaccin ne couvrant pas la totalité des types de HPV à risque.
| Âge | Examen recommandé | Fréquence |
|---|---|---|
| 25 à 29 ans | Frottis cervico-utérin (cytologie) | Tous les 3 ans après deux frottis normaux à 1 an d’intervalle |
| 30 à 65 ans | Test HPV | Tous les 5 ans si le résultat est négatif |
Un dépistage organisé, avec envoi de courriers d’invitation, existe en France pour les personnes n’ayant pas réalisé leur examen dans les délais recommandés.
Que faire en cas de résultat anormal ?
Un frottis ou un test HPV positif ne signifie pas qu’un cancer est présent. Il indique la nécessité d’un suivi rapproché ou d’examens complémentaires (colposcopie, biopsie) pour caractériser d’éventuelles lésions et décider, le cas échéant, d’une surveillance ou d’un traitement local des lésions précancéreuses — étape qui permet justement d’éviter l’évolution vers un cancer.
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter un professionnel de santé :
- si vous constatez l’apparition de lésions ou d’excroissances au niveau génital ou anal ;
- si vous n’êtes pas à jour de votre suivi gynécologique ou de votre dépistage du col de l’utérus ;
- si vous ou votre enfant êtes concernés par l’âge recommandé pour la vaccination ;
- en cas de saignements anormaux, de douleurs pelviennes persistantes ou de tout symptôme inhabituel, pour un avis médical rapide.
Foire aux questions
Le HPV est-il forcément synonyme d’infidélité ? Non. Le virus peut rester silencieux pendant des mois, voire des années, avant d’être détecté. Sa découverte ne permet pas de dater la contamination ni d’en identifier l’origine.
Peut-on attraper le HPV plusieurs fois ? Oui. Guérir d’une infection à un type de HPV ne protège pas contre les autres types, ni contre une nouvelle exposition au même type.
Le vaccin est-il utile si l’on a déjà eu des rapports sexuels ? Il conserve un intérêt, car il est peu probable d’avoir déjà rencontré tous les types de HPV couverts par le vaccin. C’est pourquoi le rattrapage est recommandé jusqu’à 26 ans révolus.
Le préservatif protège-t-il totalement du HPV ? Il réduit le risque de transmission mais ne l’élimine pas complètement, le virus pouvant se trouver sur des zones cutanées non couvertes par le préservatif.
Un homme peut-il être porteur du HPV sans le savoir ? Oui, tout comme chez la femme, l’infection est le plus souvent asymptomatique chez l’homme, qui peut néanmoins transmettre le virus.
Le vaccin contre le HPV est-il obligatoire ? Non, il est recommandé mais non obligatoire en France, à la différence de certains autres vaccins de la petite enfance.
Sources
- Haute Autorité de Santé (HAS) — Recommandations vaccinales et dépistage du cancer du col de l’utérus
- Santé publique France — Calendrier des vaccinations 2026
- Assurance Maladie (Ameli.fr) — Infections à papillomavirus humains
- Institut National du Cancer (INCa)
- Vaccination Info Service
- Organisation mondiale de la Santé (OMS)
Cet article a une vocation informative et ne saurait remplacer une consultation médicale. Seul un professionnel de santé est en mesure d’évaluer votre situation personnelle, de vous conseiller sur la vaccination ou d’interpréter un résultat de dépistage.